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︎ Compagnons historiques


Photo ©Cyril Ruoso extraite du livre Beaux d’ailleurs


Souvent confondus avec les rats noirs, les rats bruns (surmulots) sont, comme eux, arrivés d’Asie avant de conquérir le monde grâce à leur grande adaptabilité. Mal aimés, ces compagnons historiques plutôt discrets n’ont pourtant pas grand-chose à se reprocher



D’AILLEURS ?


Oui. À l’instar des rats noirs, les surmulots sont arrivés d’Asie, depuis le haut Moyen Âge, puis, plus particulièrement, le xvi i ie siècle. Nos routes et transports les ont aidés à se déplacer. Leurs capacités cognitives, leur opportunisme et leur grande adaptabilité leur ont permis de conquérir tout le monde tempéré .


VECTEURS DE MALADIES ?


Non. Anc Les surmulots ne sont pas vecteurs de la peste, transmise par les puces des rats noirs, ni d’aucune zoonose. Seule la leptospirose, contenue parfois dans leurs urines, peut toucher certains professionnels de l’eau. Cette « maladie des égoutiers » se vaccine si besoin. Une petite recrudescence concernerait celle véhiculée par des ragondins et rats musqués, et non des rats bruns, vers de rares pratiquants de sports nautiques.


Photo ©Cyril Ruoso extraite du livre Beaux d’ailleurs



OCCASIONNANT DES DÉGÂTS ?


Si peu. Globalement, l’impact des surmulots reste faible. En ville, ils creusent parfois leurs terriers aux abords des bâtiments, dans le sol friable de certains sous-sols, ou circulent dans les canalisations ou égouts. Les autres reproches – vecteurs de maladies, réducteurs de biodiversité (sauf sur de rares îles), mangeurs de récoltes ou des graines tombées au sol, etc. – sont infondés.



Photo ©Cyril Ruoso extraite du livre Beaux d’ailleurs


NOIRS OU BRUNS ?


L’Europe accueille deux grands types de rats : noirs et bruns (surmulots). Avant leur arrivée, seuls les petits campagnols étaient des champs, et les souris des villes. Les rats noirs apprécient les lieux hauts et secs, et sont parfois appelés « rats des greniers ». Les bruns préfèrent les lieux à terre et humides. Plus gros, adaptables et « aquatiques », ils ont petit à petit éloigné les rats noirs des villes jusqu’à en faire des « rats des champs », voire une espèce rare.

D’ÉGOUT ?


Pas vraiment. La plupart des égouts ne peuvent accueillir leurs terriers et contiennent très peu de nourriture. Les rats bruns sont plus proches de la surface où ils trouvent l’essentiel de leur nourriture : nos déchets qui traînent, ou des céréales, fruits, graines ou légumes des espaces verts ou des campagnes. Leur milieu préféré serait une zone végétalisée, avec un sol facile à creuser et proche d’un cours d’eau.


Photo ©Cyril Ruoso extraite du livre Beaux d’ailleurs


OCCASIONNANT DES DÉGÂTS ?


Si peu. Si certains terriers peuvent causer des affaissements de voies, cela reste localisé et anecdotique. Le tort du blaireau serait aussi de grignoter des céréales ou de la vigne. Pourtant ce discret campagnard ne mange quasiment que des vers, baies, racines, charognes ou insectes. Placer de simples clôtures électriques serait-il plus difficile que de le stigmatiser comme « espèce susceptible d’occasionner des dégâts » (ou « nuisible »), blanc-seing pour avoir sa peau ?

SALE GUEULE ?


Oui et non. Leur aspect de souris géante et leur longue queue inquiètent généralement les humains, sauf quelques-uns, fans de rats domestiques, qu’ils soient de laboratoire ou nouveaux animaux de compagnies (NAC).


Aller plus loin 


Beaux d’ailleurs . François Lasserre et Cyril Ruoso, Belin, novembre 2020   

 



Illustration Caroline Gamon 

(article paru dans ma rubrique La nature mise à nu qui apporte de la pensée critique dans le magazine Kaizen n°52, sept-oct2020)




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