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 infox︎PENSÉE CRITIQUE



︎ Pourquoi croit-on autant d’infox (ou fake news) ?


Voici un petit point pour aider à se balader sur ce site ︎


Par exemple, saviez-vous que :


︎ Les araignées ne nous piquent (mordent) pas la nuit ? ︎ Penser que “la nature est bien faîte” relève du créationnisme ?
︎ Les abeilles qui font du miel sont très minoritaires ?
︎ Les “poissons” n’existent plus ?
︎ Les sourciers ou autres r adiesthésistes n’ont pas de pouvoir surnaturel ?
︎ Côtoyer des frelons, même “asiatiques”, n’est pas dangereux ?
︎ Il n’y a pas d’équilibre dans la “nature” ?
︎ Une pomme dans notre main nous attire plus que la Lune ?
︎ Les moustiques ne sont pas attirés par la lumière ?
︎ Installer une ruche est une fausse bonne idée pour la biodiversité ?
︎ La “nature” ou les “espèces” sont des concepts et non des réalités ?



Sinon, comme moi avant à propos de certains sujets, cela veut dire que vous n’avez pas assez creusé et démystifié (= débunké) ces sujets, ou alors sans utiliser suffisamment de pensée critique ou méthodique, et pas assez pratiquer l’art du doute : “Pourquoi et comment est-ce que je crois ce que je crois ?”

Pourtant, pour la paix des échanges, des débâts, des rencontres, des constructions communes, des familles ou pour son apaisement personnel, rien de tel 🌈️ 

Et aussi pour le projet éthique et sociétal qui serait de se rapprocher le plus possible et si possible de la vérité, ou au moins de se tromper le moins possible.

De plus, la démarche rationnelle serait une valeur qui sert l’émancipation de tou.te.s.


Cet article est une occasion d’essayer de nous appuyer davantage sur des informations fiables, en essayant d’utiliser au maximum notre “esprit critique” et une démarche scientifique, pour mieux distinguer notamment ce que l’on croit (une intuition, un ressenti, une anecdote, une expérience personnnelle, un témoignage, etc.), de ce que l’on sait (une méta analyse de très nombreuses études scientifiques, des expertises croisées, les théories scientifiques, etc.).


Croire est du côté de nos ressentis, ou intuitions, qui peuvent être justes, mais nous trompent souvent. Cela ne les rend pas fiables, et donc inutilisables sans les vérifier sérieusement. Arf, ça commence mal, à une époque ou l’on entend souvent, notamment dans  dans le développement personnel : “écoutez votre intuition, faîtes confiance à votre instinct...” ! 😬️

Cela dit, les études scientifiques partent souvent d’intuitions, seulement elles sont ensuite vérifiées avec précision et méthode, pour les valider et les transformer en “savoirs” avant de les proposer à la société.

Autre remarque : se fier à la méthode scientifique pour écarter les doutes et se rapprocher de la vérité est aussi une forme de croyance en cette méthode. Mais à ce jour, c’est bien celle qui apporte le plus de résultats probants. Dogmes et charlatanisme n’y ayant pas leur place. 

Savoir est du côté des sciences, c’est-à-dire des méthodes ou démarches de connaissances du monde, qui permettent d’apporter les résultats les mieux vérifiés et les plus fiables à ce jour. En particulier lorsqu’il y a des revues systématiques ou des “méta-analyses” disponibles, c’est-à-dire l’analyse de toutes les études très sérieuses disponibles dans le monde entier sur un sujet précis (voir Aller plus loin).

Les savoirs sont agiles, ouverts et souples, ils changent parfois au fur et à mesure des avancées scientifiques, ils s’auto corrigent régulièrement grâces aux réévaluations par les pairs notamment. Les croyances, elles, sont figées, fixes, dogmatiques, immuables… Ce qui les rend encore moins fiables, voire suspectes. Par exemple tout ce qui est “traditionnel” et inchangé depuis longtemps n’est pas un gage de fiabilité. Au contraire, une immense partie des plus ou moins vieilles pratiques encore répandues restent des “pseudo-sciences”, car elles n’ont toujours pas prouvé leur efficacité intrinsèque, elles ne respectent pas les critères de la méthodologie scientifique, tels les principes intangibles de réfutabilité, de non-contradiction et de reproductibilité.

En santé, 
par exemple, qui sait bien que l’ostéopathie pure, l’homéopathie, l’acupuncture, la sophrologie et bien d’autres n’ont (toujours) pas prouvé une efficacité supérieure à celle du placebo ? Elles restent ainsi des pseudo-sciences, et dans ce cas, si des effets apparaissent, ils sont dus aux effets contextuels (= placebo) et non à des effets qui seraient intrinsèques à ces pratiques. 

A ce propos, il se dit souvent “mais si ça marche, même placebo, ce n’est pas grave !”. Absolument pas, si cela est dit officiellement, que chacun le sait et achète un produit en connaissance de cause, ou que cela reste dans la sphère privée. Par exemple, j’ai moi-même longtemps bu de l’eau avec du vinaigre et du miel pour soigner mes rhumes, préconisé avec soin par mes parents, et ça “marche” !
A quand d’ailleurs une indication sur toutes ces pratiques ou produits précisant “Ne dépasse pas l’effet placebo” ? Sinon, cela entretient une forme de “pensée magique” et les mythes, cela détourne de la raison et peut attiser le dogmatisme. Et hors des dogmes, les avancées sociétales et la paix sont plus accessibles.  


Et rappelons ici que toutes les opinions (croyances) se valent, dès lors qu’elles sont basées sur des valeurs ou de la morale. En revanche, il est plus douteux d’avoir une opinion sur des faits scientifiques.  

On peut par exemple faire voter sur l’âge de la maturité, mais pas sur la distance Terre-Lune. Cela paraît évident, mais le fait scientifique est encore parfois controversé ou mis à mal, en grande partie à cause de nos biais de raisonnement (voir plus loin) et de notre propension à l’irrationalité qui serait un héritage évolutif. 



Source : Christophe Michel – chaîne « Hygiène mentale »



S’appuyer sur des informations fiables est d’autant plus important lorsque l’on débat, ou que l’on reçoit du public, en tant qu’animat.rice.eur, éducat.rice.eur, vulgarisat.rice.eur, journaliste, médiat.rice.eur, enseignant.e.s ou parents.

Nos motivations sont en grande partie la pédagogie et la neutralité des propos (autant que possible 😑️). Plus nos informations seront fiables et précises, plus notre devoir de neutralité sera servi. D’autant qu’une action d’éducation n’est pas censée être un lieu de militantisme, ni de prosélytisme, au contraire, elle doit être le cadre d’une saine émancipation citoyenne du public, la plus neutre et objective possible. 


Et ces remarques sont également valables pour des parents qui cherchent à émanciper le plus possible leurs enfants, et moins à les “formater”. 


︎ Des pistes de méthodes 


Voici quelques pistes, surtout lorsqu’il s’agit de sujets délicats et polémiques, comme l’alimentation, la santé, le nucléaire et autres sources d’énergie, les animaux qui nous font peur, la “nature”, la collapsologie, le veganisme, etc.

Cela pourra aussi nous servir lors d’un dîner entre amis, haut lieu de débats et d’échanges parfois stériles autour de sujets non maîtrisés que sont, justement, ceux gouvernés par nos croyances.


Nos “profondes convictions” ou encore le fait que nous soyons “intimement persuadé(e)s”, ne sont malheureusement pas des arguments fiables, voire obscurants à propos des sujets que l’on ne maîtrise pas 😞️ 
Quel que soit le sujet, il est donc utile de se méfier de son expérience personnelle et de ses ressentis, car ils nous trompent. En grande partie à cause de nos biais cognitifs dits “de raisonnement” (voir plus loin). Encore une fois, ce n’est pas parce que quelque chose nous semble « logique » ou « évidente » qu’elle est juste. Et si elle est contraire à son intuition, c’est très difficile de la jauger tant c’est contre-intuitif, justement.

Il est pourtant davantage raisonnable de se forcer à chercher si l’on a tort, autant que possible.

L’erreur est de ne pas se rendre compte que l’on cherche (consciemment ou non) à se convaincre que notre idée/avis/opinion soit vrai et que cela entretien de notre biais de confirmation (voir plus loin).



︎ Attention  à la surconfiance ⚠️️


Sans démarche méthodique, il nous arrive parfois de parler d’un sujet à peine ou peu maîtrisé, et pourtant en toute confiance, notamment s’il satisfait notre biais de confirmation. C’est à ce moment que l’on peut être victime de notre « biais de supériorité illusoire » (ou souvent appelé effet Dunning-Kruger, voir Aller plus loin).


Source : Science Pop


Il s’agit de notre tendance à surestimer nos connaissances lorsqu’on a le moins de compétences sur un sujet donné (et inversement). Au début, lorsqu’on croit savoir, on se sent en confiance. 

C’est en général le cas lorsque l’on a seulement des infos d’une structure militante par exemple, ou d’une seule étude scientifique, d’un seul article de presse, d’un ressenti, d’un témoignage, d’une anecdote, etc. Cela ne veut pas dire que c’est obligatoirement faux, mais encore une fois que ce n’est pas fiable

Il est alors conseillé de douter et de creuser encore davantage, avec de vrais outils de savoirs (voir Aller plus loin).

Et plus on creuse sérieusement un sujet, plus on se rend compte de l’étendu de notre ignorance, de la complexité des choses et du monde, que rien n’est simple.

C’est alors que l’on se trouverait comme dans une phase d’humilité. En creusant encore (voir Aller plus loin), on commence alors à devenir plus expert sur le sujet, avec la conscience que l’on ne le maîtrisera jamais parfaitement. Cela permet de mesurer et tempérer davantage ses propos et ressentis, et d’être plus ouvert à la discussion et aux échanges fertiles. 


"L’ignorance engendre plus fréquemment la confiance en soi que ne le fait la connaissance".
(Origine de l’Homme, Charles Darwin, 1871)


Au-delà de son titre, ce livre donne un maximum de clés pour s’équiper d’un “détecteur de bullshit” et d’infox en général


Bullshitomètre face à une infox 

︎ Pour davantage de rigueur, plus une idée va dans votre sens, plus il est nécessaire de la challenger, de la démystifier ou de tenter de la discréditer (débunker) !


Par exemple, il est assez intuitif de penser qu’un frelon serait dangereux, que les “pesticides” seraient mauvais pour la santé, que la Lune influencerait nos plants de tomates ou que ce qui est “naturel” serait exempt de tout soupçon. Pourtant, tout ce qui vient de la “nature” n’est pas forcément bon, voire dangereux ou mortel. Et inversement, tout ce que font les humains (= “artificiel”) n’est pas mauvais. Ce qui signifie tout simplement que de se fier au mot “naturel”, n’est pas fiable, donc quasi inutilisable.  

Et pourtant, quand ça nous arrange, nous avons facilement tendance à l’oublier. C’est en partie dû au fait que notre cerveau a une propension à vouloir simplifier la complexité du monde. A chercher une explication simple et manichéenne. De plus, lorsqu’on entend au moins 2 ou 3 fois la même chose, la psychologie dit que cela s’imprègne dans notre cerveau. A cela s’ajoute notre propension à vouloir trouver une explication, un.e coupable, à une chose ou une idée qui n’est pas confortable.

Et si en plus notre culture ambiante (familiale ou sociétale) le dit, il est si difficile de se déculturer et lutter contre les idées reçues. Comme par exemple : les “frelons seraient dangereux”, “les abeilles domestiques utiles pour la biodiversité” ou que “les gros boutons avec deux trous seraient ceux d’une araignée la nuit” ? C’est très difficile et pourtant tout cela est faux.

Idem pour les “produits chimiques”... En creusant sérieusement ces sujets, on se rend assez vite compte que le bien et le mal n’existent toujours pas. Et voici encore notre propension à vouloir simplifier la complexité du monde. Mais comment lutter contre notre cerveau qui nous joue des tours ? Voire qui use de flemme ? Pas facile ! 




Le bias cognitif puissant dit “du monde juste”, pousse en permanence notre cerveau à chercher des explications pour ne pas être en “dissonance cognitive”, et vouloir trouver une explication à ce qui ne va pas “bien”. C’est ce biais qui nous ferait chercher un.e coupable, par exemple.  

Cela va des théories du complot qui expliqueraient certains de nos maux, à l’araignée qui serait responsable de ce gros bouton sur notre peau au réveil. Nos cerveaux nous poussent en permanence à chercher une explication pour apaiser notre désir d’un monde juste, non dissonant. 


Les chercheurs parlent du fait que l’on recherche un état d’homéostasie, une stabilisation interne.

︎ Idéalement on évitera de supposer sans vérifier 


Dès que l’on commence une phrase par “je pense que…”, “je crois que…” ou “à mon avis…” eh bien idéalement on s’arrête net ! Et si vraiment on veut aborder ce sujet, on le creuse à fond et très sérieusement. En se posant simplement (!) la question “qu’en dit le consensus scientifique mondial ?”.

Contrairement aux personnes dogmatiques, les scientifiques sont en théorie agiles et très créatifs, ils se remettent régulièrement en question et font sans cesse de nouvelles suppositions. Seulement ils les expérimentent toutes avant de parler de leurs résultats, et proposent à d’autres scientifiques de les challenger, par précaution.



︎ Suspendre son avis est un exercice très difficile, notamment parce qu’il oblige à contenir son ego, à ne pas exister (au moins sur ce sujet).
Y arriver est un challenge continue avec soi-même !


Pourtant, avec un peu (😅️) d’entrainement, à la manière d’un bon journaliste scientifique, on peut donc chercher, croiser et vérifier de nombreuses sources d’informations. C’est long et fastidieux, surtout lorsqu’on ne doit pas prendre pour acquis les premières informations présentes sur Internet “grand public”. Et en particulier lorsqu’elles vont dans notre sens 😬️ ! Y compris d’une source renommée, comme un quotidien national ou un “spécialiste”. Il est toujours utile de rafraîchir ses informations et de vérifier auprès de nombreuses études scientifiques, en particulier si nous ne sommes pas des scientifiques chevronnés. Oui, c’est souvent laborieux (penser et réfléchir coûtent énergétiquement, physiquement), mais l’énergie dépensée en vaut la peine !

︎ Voir ici ou plus bas Comment trouver des sources fiables ?

Nos informations viennent-elles d’un ou plusieurs scientifiques, d’un particulier lambda, d’un militant, d’un « anti », d’un « pour », etc. ? Méfions-nous du très puissant biais de raisonnement appelé « biais de confirmation », cette tendance universelle, mais trompeuse, qui nous conduit à toujours chercher et valider nos idées/croyances, plutôt qu’à les tester et les challenger (voir Biais cognitifs dans Aller plus loin).

Idéalement, pour lutter contre ce biais : lorsqu’une info ou idée va dans notre sens et suit notre intuition, suspectons-la encore plus qu’une info contraire ! 

Cherchons davantage à la dézinguer qu’à l’accepter sans réfléchir. Et si l’on n’arrive pas du tout à la démystifier, même après un sérieux travail de recherches, alors elle pourrait être plutôt fiable.

Mais que c’est difficile ! Presque tout le monde pense le faire, mais en réalité... 🙃️

Pour s’aider encore, on peut chercher des infos là où nous ne serions pas allés spontanément. Exemple : si l’on est de gauche, lisons aussi Le Figaro, et inversement. Et surtout ne nous contentons pas de taper “jardiner avec la Lune” dans un moteur de recherche, car tous les sites qui vont dans ce sens (dont les commerciaux) apparaissent généralement en premier et risquent de satisfaire illico notre biais de confirmation. En revanche, en tapant “jardiner Lune controverses” (ou science, critique, pensée critique, études scientifiques, zététique, etc.) on se rendra vite compte qu’il existe finalement des études sérieuses qui, elles, ne prouvent… rien.


Echelle des niveaux de preuves, en particulier pour la santé : nous avons plus souvent tendance à avoir un avis en restant dans la partie basse des “témoignages sans valeur”. 
Illustration Stéphane Ponzi



︎ Autrement dit, nous avons trop souvent tendance à nous prouver ce que nous croyons, plutôt qu’à savoir si nous avons tort 



Ne jamais sous estimer que Certaines propositions intellectuelles sont beaucoup plus séduisantes pour notre cerveau, que des propositions méthodiques. Ne pas négliger le fait que la pensée méthodique est une pensée extrêmement désenchantante. Accepter de suspendre son jugement et ne pas plonger dans le délice d’un certain nombre de narrations, c’est aussi dépouiller le monde d’une certaine magie. Et certaines personnes préfèrent à la vérité, la jouissance psychique !” (Gérald Bronner



Voir aussi ce que disait Nietzsche à propos de notre désir de plaisir, plus que de vérité (Avenir de la science).  

La réponse à nos questions est rarement aussi tranchée qu’on le croit, voire parfois à l’opposé. Toujours se poser la question « que dit la science ? ». Existe-t-il un consensus scientifique, voire une théorie scientifique sur un sujet ? Et qui dit théorie scientifique, dit validation international, c’est-à-dire ce qu’il y a de plus fiable, le plus haut degré de preuves en attendant de nouvelles découvertes. Ce n’est donc pas “juste une théorie”.

Cela signifie aussi qu’une personne (même célèbre), une seule étude scientifique ou une info qui circule ne valent quasiment rien. Cela ne veut pas dire que c’est faux, mais seules les revues systématiques ou les méta-analyses* d’un très grand nombre d’études valent vraiment la peine d’être considérées, car elles sont à ce jour le plus haut niveau de preuve dont nous disposons. Ainsi, le fréquent titre de presse “Selon une étude…” ne vaut très souvent pas grand-chose et tombera aux oubliettes. De plus, nous sommes mal “éduqués” car peu de journaux publient un erratum des mois ou des années plus tard 😒️.

Il doit donc exister un grand nombre d’études scientifiques ou de revues systématiques de la littérature scientifique apportant des preuves fiables pour qu’un sujet devienne réellement bankable.



︎ Suspendre son jugement !  


Idéalement, si l’on n’a pas très sérieusement démystifié un sujet, on se contente de dire “je ne sais pas”, “je n’ai aucun avis”, “on en reparlera une autre fois, lorsque j’aurai mieux étudié le sujet”, etc. Voilà des phrases qui manquent tant pour la paix des échanges et des relations humaines.

Seulement suspendre son jugement est une forme de torture pour notre cerveau qui a toujours des solutions à nous proposer. Le contenir est une espèce de suplice intellectuel.

Réussir à le faire relève d’une forme d’abnégation et de sagesse. Les plus raisonnables d’entre nous arrivent à admettre ne pas savoir, et ils en sont fiers (et bien plus zen) !

Retenons aussi que sur Internet et dans les médias, les “croyants” (enfermés dans leurs certitudes/colères/combats) sont davantage présents et prosélytes que les “sachants”. Des études montrent aussi que sur les réseaux sociaux le faux va plus loin, plus vite et plus profond que le vrai (voir par exemple ScienceVol 359, n°6380, 09 mars 2018).



︎ Croiser les approches


Une autre piste consiste à mélanger et croiser le plus possible les disciplines : sciences naturelles, histoire, sociologie, psychologie, philosophie, etc. Les sujets environnementaux sont particulièrement concernés par cette transversalité. Seulement nous n’avons pas trop l’habitude de réfléchir de façon très transversale, alors que la vie, elle, l’est.

Prenons par exemple le thème des espèces dites “invasives », comme le frelon “asiatique”. Voici un bon exemple de sujets transversal et compliqué à aborder sous un seul angle. En tout cas éviter autant que possible de suivre son ressenti, très culturel (amis de la nature, chasseurs, apiculteurs, gestionnaires, maires, chef d’entreprises...) et généralement très biaisé lorsqu’il s’agit de sujets sensibles et d’actualité à chaud.

Il apparaît qu’aujourd’hui tout le monde a un avis sur les frelons “asiatiques” par exemple, comme si nous étions tous devenus entomologistes, écologues, apiculteurs, hyménoptéristes, gestionnaires, biologistes, sociologues, philosophes, etc.  

Cela signifie aussi que ce sujet est devenu sociétal et dépasse celui de la science écologique pure. 

Un sujet traité à 360° et en profondeur devient très différent et souvent bien moins tranché qu’on ne le croyait au départ.





︎ Pour une meilleure efficacité !


Qu’elle que soit la forme d’une rencontre avec le public (ou ses amis, sa famille), le fond est important puisque notre démarche est parfois d’intérêt général. De plus, un public qui ne ressent pas une certaine compétence et neutralité (voire un apaisement) dans son interlocuteur, ou de la flexibilité dans ses opinions, sera moins prompt à accueillir ses propos si lui-même n’est pas convaincu.  

Votre public a ses idées reçues et ses croyances, plus ou moins tranchées. Une des clés pour les appréhender au mieux est d’être très bien informé, ouvert et à l’écoute. Si l’on est soi-même retranché dans ses croyances, ses dogmes et certitudes, il est difficile de demander l’inverse à son public, ou d’être à l’écoute et de ne pas se laisser aller à un prosélytisme stérile. 


Et d’ailleurs, tous les pédagogues le savent, le prosélystisme ne marche pas. Voire plus vous prouvez à quelqu’un.e qu’elle.il a tort, et plus vous renforcez sa croyance !


Un livre pour tou.te.s celles et ceux qui en on assez ou qui doutent lorsqu’ils entendent le mot “quantique” à toutes les sauces, hors du champ scientifique.


︎ Utiliser des outils d’auto-défense intellectuelle


Enfin, pour trier l’information et garder l’esprit éveillé, on pourra s’aider d’outils intellectuels élaborés notamment par les sceptiques du monde entier, appelé.e.s aussi rationalistes, pens.eur.euses critiques et méthodiques ou autres “zététicien.nes” (= pédagogues de la pensée méthodique). Ces scientifiques - amateurs ou pro - proposent de nombreux outils d’auto-défense intellectuelle pour aiguiser ses raisonnements et “mieux penser”, comme le fait notamment le collectif Cortecs par exemple.
Sans perdre de notre engagement bienveillant vis-à-vis du vivant, de nos attentions vis-à-vis de notre environnement et de notre imaginaire créatif, il est utile d’aiguiser autant que possible notre méthode de connaissance, et de rester intellectuellement agiles, comme l’est la science.

Nos animations, nos médiations, nos réunions et nos dîners n’en seront que plus agréables à réaliser et à vivre, pour nous, pour tout le monde et pour nos sociétés ?



︎ ALLER PLUS LOIN (pistes)


Ne jamais hésiter à poser des questions aux spécialistes du domaine qui vous intéresse, ils sont souvent contents et disponibles pour échanger.

Sur les recherches en ligne ou dans les écrits, multipliez les mots clés, variez-les, surtout à l’inverse de vos intuitions.

Pour tous les sujets, de simples moteurs de recherches ne suffisent pas. A compléter avec des rencontres, des vidéos, des livres et surtout des publications scientifiques à chercher ici :

Google scholar

Pub Med (sciences de la vie)

GeoRef (sciences de la terre)

Archives ouvertes HAL

Science Direct

Réseau Cochrane (santé)

Etc. 


Développer et se former à l’esprit critique :
Développer son esprit critique
Former l’esprit critique des élèves
La fondation La main à la pâte 
Le  Collectif de recherche transdisciplinaire esprit critique & sciences (Cortecs)
Observatoire zététique
Cours d’auto-défense intellectuelle (par Richard Monvoisin, Université Grenoble Alpes)

Apprendre à apprendre, Leçon 6 sur [Lab]map : 
Se fier à son intuition ou développer l’esprit critique ?

Les biais cognitifs :
Associations Libres
Wikipedia
Un exemple : Effet de surconfiance
[Vidéo] Effet Dunning-Kruger
Un exemple : Le biais de confirmation (Comment avoir moins souvent tort ?par Nicolas Gauvrit)
[Vidéo] Tous biaisés !
[Vidéo] Introduction aux biais cognitifs et aux erreurs de logique

Les moisissures argumentatives :
Liste de 25 moisissures argumentatives (Cortecs)

A propos des vérités scientifiques (par Etienne Klein)

Exemples de matériel vidéo scientifique :
Espace des sciences (Rennes)
UniverscienceTV
Agora des savoirs
Treize minutes
Les Ernest
Collège de France
Vidéo de science
Science étonnante
Les conférences de l’Afis

Exemples de podcasts :
Podastsciences 
Meta de choc

Exemples d’émissions de radio :
La méthode scientifique
Continent sciences
La conversation scientifique
La marche des sciences 

Exemples de sources fiables et scientifiques :
La partie universitaire de Google : Google scholar
Comment utiliser Google Scholar ?
PubMed (biologie et médecine)
Comment trouver des sources fiables ? Par Macroscopie
Les sites des ministères vers les études, méta-analyses et statistiques scientifiques qui les concernent.
Statistiques nationales
CNRS
Inrae
Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses)
Agence nationale des fréquences (Anfr)
Muséum national d’Histoire naturelle (Mnhn) 

Magazines papier 
Pour la science
La recherche

Associations pour la raison et l’information
Union rationaliste (UR) Association française pour l’avancement des sciences (AFAS)
Association française pour l’information scientifique (Afis)

Matériel pédagogique sceptique 
(esprit critique, zététique, infox, hoax…) :

[Livres] Lectures faciles, en priorité les numéros 1, 2, 3 et 22 de la collection Une chandelle dans les ténèbres
[Livre] Petit cours d’autodéfense intellectuelle
[Livre] Manuel d’autodéfense intellectuelle
[Livre] La démocratie des crédules
[Livre] Santé, science, doit-on tout gober ? 
[Bibliographie] Charlatans.info
[Bibliographie] Bibliothèque des sceptiques du Quebec

[Blog] Curiologie
[Blog] Menace théoriste

[Podcast] Méta de choc
[Podcast] Scepticisme scientifique
[Podcast] L’heure du doute par Nichoax
[Podcast] Skeptikon

[Vidéo] Débattons mieux, avec Science4all
[Vidéo] C’est quoi l’esprit critique (Raisonnance) ?
[Chaine] Le Vortex 

Vidéos d’aide à la défense intellectuelle :
[Vidéo] L’Autodéfense Intellectuelle (des outils pour la recherche d'information)
[Vidéo]  Virginie Bagneux / La zététique : esprit critique, es-tu là ?
[Vidéo] Notre cerveau face aux fake news
[Docu] Les lois de l’attraction mentale 
[Vidéo] La zététique, par Henri Broch
[Chaine] Hygiène mentale
[Vidéo] Pourquoi sommes-nous crédules (par Gérald Bronner) ?
[Vidéo] L’appel de la nature ? 
[Vidéo] Négociation intellectuelle avec le monde (Tronche en biais / Gérald Bronner)
[Chaine] Savoirs en société
A propos de La fiabilité des études scientifiques (Le Vortex)

Tous les vulgarisateurs de la démarche scientifique sur la toile :
Sur Hygiène mentale 

Infox et post-vérité
La manipulation de l'information, faut-il désespérer ?

Exemple de sites sur les infox :
Stopintox
Décodex du Monde
Désintox de Libération
Tatoufaux

Répondre aux péjugés 

À lire (entre autres) :




 

Autre exemple de fiche pédagogique sur les “Niveaux de preuve”, à retrouver sur le site de Florence Dellerie 

Pour “ne pas traiter l’autre de petite merde”, lors des échanges de croyances contre croyances, savoirs contre croyances, etc. !
En vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ohU1tEwxOSE
En podcast : https://www.scepticisme-scientifique.com/episode-439-lart-dexprimer-son-desaccord-le-chat-sceptique/
Mark
Textes François Lasserre à améliorer, utiliser, partager... WIP !