Contact-Agenda          ︎   ︎  ︎    ︎    ︎

 infox︎PENSÉE CRITIQUE



︎ Pourquoi croit-on autant d’infox (ou fake news) ?


Faire un point avant de se balader sur ce site ? ︎



Par exemple, saviez-vous que :


︎ Penser que “la nature est bien faîte” relève du créationnisme ?
︎ Il n’y a pas vraiment d’équilibre dans la “nature” ?
︎ Les abeilles qui font du miel sont très minoritaires ?
︎ Les “poissons” n’existent plus ?
︎ Côtoyer des frelons n’est pas risqué ?
︎ Une pomme dans notre main nous attire plus que la Lune ?
︎ Les araignées ne nous piquent (mordent) pas la nuit ? 
︎ Un produit ne peut pas “détoxer” notre corps ?
︎ Installer une ruche est une fausse bonne idée pour la biodiversité ?
︎ La “nature” est un concept ?



Sinon, cela veut dire que vous n’avez pas assez creusé et démystifié (= débunké) ces sujets, ou alors sans utiliser suffisamment de « pensée méthodique ».

Cet article est une occasion d’essayer de nous appuyer davantage sur des informations fiables, en essayant d’utiliser au maximum notre “pensée critique”, pour mieux distinguer ce que l’on croit, de ce que l’on sait.


Croire est du côté de nos ressentis, ou intuitions, qui peuvent être justes, mais nous trompent très souvent, ce qui les rend non fiables et donc inutilisables sans les vérifier (sérieusement).

Savoir est du côté de la science, c’est-à-dire d’une méthode de connaissance du monde, qui permet d’apporter les informations les mieux vérifiées et les plus fiables à ce jour. En particulier lorsqu’il s’agit des “méta-analyses”, l’analyse de toutes les études disponibles dans le monde sur un sujet (voir Aller plus loin). Les savoirs sont agiles, ouverts et souples, ils changent parfois au fur et à mesure des avancées scientifiques. Les croyances, elles, sont figées, fixes, dogmatiques, immuables… Ce qui les rend encore moins fiables, voire suspectes. Par exemple tout ce qui est “traditionnel” et inchangé depuis longtemps n’est pas du tout un gage de fiabilité. Au contraire, une immense partie de vieilles pratiques encore répandues restent des “pseudo-sciences”, c’est-à-dire qu’elles n’ont toujours pas prouvé leur efficacité car elles ne respectent pas les critères de la méthodologie scientifique, tels les principes intangibles de réfutabilité, de non-contradiction et de reproductibilité. En santé,
par exemple, qui sait que l’ostéopathie, l’homéopathie, l’acupuncture, la sophrologie et bien d’autres restent des pseudo-sciences car leurs effets ne dépassent pas celui du placebo ?

S’appuyer sur des informations fiables est d’autant plus important lorsque l’on débat, ou que l’on reçoit du public, en tant qu’animat.rice.eur, éducat.rice.eur, vulgarisat.rice.eur ou médiat.rice.eur. Nos motivations sont en grande partie la pédagogie et la neutralité des propos (autant que possible). Plus nos informations seront fiables et précises, plus notre devoir de neutralité sera servi. D’autant qu’une action d’éducation n’est pas un lieu de militantisme, ni de prosélytisme, au contraire, elle doit être le cadre d’une saine émancipation citoyenne du public, la plus neutre et objective possible.



Source : Christophe Michel – chaîne « Hygiène mentale »


︎ Des pistes de méthodes 


Voici quelques pistes, surtout lorsqu’il s’agit de sujets délicats et polémiques, comme la consommation, la santé, le nucléaire, le bio, les OGM, les pesticides, la “nature”, la collapsologie, etc. Cela pourra aussi nous servir lors d’un dîner entre amis, haut lieu de débats et d’échanges parfois stériles autour de sujets non maîtrisés que sont, justement, ceux gouvernés par nos croyances.
Tout d’abord, quel que soit le sujet, il est utile de se méfier de son expérience personnelle et de ses ressentis, car ils nous trompent. Ce n’est pas parce que quelque chose nous semble « logique » ou « évidente » qu’elle est juste. Et si elle est contraire, c’est très difficile de le jauger tant c’est assez contre-intuitif ! Alors il est plus raisonnable de se forcer à chercher si l’on a tort, autant que possible. L’erreur est de ne pas se rendre compte que l’on cherche (consciemment ou non) à se convaincre, tant on a envie que notre idée/avis/opinion soit vrai (et entretien de notre biais de confirmation, voir plus loin).


Au-delà de son titre, ce livre donne plein des clés pour s’équiper d’un détecteur de “bullshit” et d’infox



︎ Pour encore plus de rigueur, plus une idée va dans votre sens, plus il est nécessaire de la challenger, de la démystifier ou discréditer (débunker) !


Par exemple, il est difficile de douter du fait que quelque chose de “naturel”, ne soit pas exempt de tout soupçon. Pourtant, tout ce qui vient de la “nature” n’est pas forcément bon, voire dangereux ou mortel. Et inversement, tout ce que font les humains (= “artificiel”) n’est pas mauvais. Tout simplement. C’est en partie dû au fait que notre cerveau a tendance à simplifier la complexité du monde (voir plus loin). De plus, lorsqu’on entend au moins 3 fois quelque chose, la psychologie dit que cela s’imprègne. Si en plus notre culture ambiante (familiale ou sociétale) le dit, comment lutter contre les idées reçues selon lesquelles, par exemple, les “frelons seraient dangereux”, “les abeilles domestiques utiles pour la biodiversité” ou que “les gros boutons avec deux trous seraient ceux d’une araignée la nuit” ? C’est très difficile et pourtant c’est faux.




︎ Idéalement on évitera de supposer sans vérifier 


Dès que l’on commence une phrase par “je pense que…”, “je crois que…” ou “à mon avis…” eh bien idéalement on s’arrête net ! Et si vraiment on veut aborder ce sujet, on le creuse à fond et très sérieusement. En se posant tout simplement (!) la question “qu’en dit le consensus scientifique mondial ?”. Contrairement aux personnes dogmatiques, les scientifiques sont agiles et très créatifs, ils font sans cesse de nouvelles suppositions. Seulement ils les expérimentent toutes avant d’en parler, et proposent surtout à d’autres scientifiques de les challenger par précaution.


︎ Suspendre son avis est un exercice très difficile, notamment parce qu’il oblige à contenir son ego, à ne pas exister (au moins sur ce sujet).
Y arriver est un challenge continue avec soi-même !


Pourtant, avec un peu (😅️) d’entrainement, à la manière d’un bon journaliste scientifique, on doit donc chercher, croiser et vérifier de nombreuses sources d’informations. C’est long et fastidieux, surtout lorsqu’on ne doit pas prendre pour acquis les premières informations présentes sur Internet “grand public”. En particulier lorsqu’elles vont dans notre sens 😬️ ! Y compris d’une source renommée, comme un quotidien national ou un “spécialiste”. Il est toujours utile de rafraîchir et de vérifier auprès de nombreuses études scientifiques, en particulier si nous ne sommes pas des scientifiques chevronnés. Oui, c’est souvent laborieux (penser et réfléchir coûtent aussi énergétiquement), mais l’énergie dépensée en vaut la peine !


︎ Voir ici et plus bas Comment trouver des sources fiables ?


Nos informations viennent-elles d’un ou plusieurs scientifiques, d’un particulier lambda, d’un militant, d’un « anti », d’un « pour », etc. ? Méfions-nous du très puissant biais de raisonnement appelé « biais de confirmation », cette tendance universelle, mais trompeuse, qui nous conduit à toujours chercher et valider nos idées/croyances, plutôt qu’à les tester et les vérifier.

Idéalement, pour lutter contre ce biais : lorsqu’une info ou idée va dans notre sens et suit notre intuition, suspectons-la ! Cherchons davantage à la dézinguer qu’à l’accepter sans réfléchir. Et si on n’y arrive pas du tout, même après un sérieux travail de recherches, alors elle pourrait être plutôt fiable.

Mais que c’est difficile 😅️ ! 

Alors cherchons des infos là où nous ne serions pas allés spontanément. Exemple : si l’on est de gauche, lisons aussi Le Figaro ! Et surtout ne nous contentons pas de taper “jardiner avec la Lune” dans un moteur de recherche, car tous les sites qui vont dans ce sens (ou commerciaux) apparaissent généralement en premier et risque de satisfaire illico notre biais de confirmation. En revanche, en tapant “jardiner Lune controverses” (ou science, critique, pensée critique, études scientifiques, etc.) on se rendra vite compte qu’il existe finalement des études sérieuses qui, elles, ne prouvent… rien.


Echelle des niveaux de preuves : nous avons plus souvent tendance à rester dans la partie basse des “témoignages”.
Illustration Stéphane Ponzi



︎ Autrement dit, nous avons trop souvent tendance à nous prouver ce que nous croyons, plutôt qu’à savoir si nous avons tort 



Ne jamais sous estimer que Certaines propositions intellectuelles sont beaucoup plus séduisantes pour notre cerveau, que des propositions méthodiques. Ne pas négliger le fait que la pensée méthodique est une pensée extrêmement désenchantante. Accepter de suspendre son jugement et ne pas plonger dans le délice d’un certain nombre de narrations, c’est aussi dépouiller le monde d’une certaine magie. Et certaines personnes préfèrent à la vérité, la jouissance psychique !” (Gérald Bronner



Voir aussi ce que disait Nietzsche à propos de notre désir de plaisir, plus que de vérité (Avenir de la science).  

La réponse à nos questions est rarement aussi tranchée qu’on le croit, voire parfois à l’opposé. Toujours se poser la question « que dit la science ? ». Existe-t-il un consensus scientifique, voire une théorie scientifique sur un sujet ? Et qui dit théorie scientifique, dit validation international, c’est-à-dire ce qu’il y a de plus fiable, le plus haut degré de preuves en attendant de nouvelles découvertes. Ce n’est donc pas “juste une théorie”.

Cela signifie aussi qu’une personne (même célèbre), une seule étude scientifique ou une info qui circule ne vaut quasiment rien. Cela ne veut pas dire qu’elle est fausse, mais seules les méta-analyses* d’un très grand nombre d’études valent vraiment la peine d’être considérées car elles sont à ce jour le plus haut niveau de preuve dont nous disposons. Ainsi, le fréquent titre de presse “Selon une étude…” ne vaut très souvent pas grand-chose et tombera aux oubliettes. Et en plus, peu de journaux publieront un erratum des mois ou des années plus tard 😒️.

Il doit donc exister un très grand nombre d’études scientifiques pour qu’un sujet devienne réellement bankable.



︎ Suspendre son jugement !  


Idéalement, si l’on n’a pas très sérieusement débunké un sujet, on se contente de dire “je ne sais pas”, “je n’ai aucun avis”, “on en reparlera une fois le sujet mieux étudié”, etc. Voilà des phrases qui manquent tant pour la paix des échanges et des relations humaines. Les plus raisonnables d’entre nous y arrivent et en sont fiers (et bien plus zen) !

Retenons aussi que sur Internet et dans les médias, les “croyants” (enfermés dans leurs certitudes/colères/combats) sont davantage présents et prosélytes que les “sachants”.



︎ Croiser les approches


Une autre piste consiste à mélanger et croiser le plus possible les disciplines : sciences naturelles, histoire, sociologie, psychologie, philosophie, etc. Les sujets environnementaux sont particulièrement concernés par cette transversalité. Seulement nous n’avons pas l’habitude de réfléchir de façon très transversale, alors que la vie, elle, l’est.

Prenons par exemple le thème des « espèces invasives », comme le frelon “asiatique” (et le loup d’une certaine façon). Voici de bons exemples de sujets transverses et compliqués à aborder sous un seul angle. En tout cas éviter autant que possible de suivre son ressenti, très culturel et généralement très biaisé lorsqu’il s’agit de sujets sensibles et d’actualité “à chaud”.

Un sujet traité à 360° devient très différent et bien souvent moins tranché qu’on ne le croyait.





︎ Pour une meilleure efficacité !


Qu’elle que soit la forme d’une rencontre avec le public (ou sa famille), le fond est important puisque notre démarche est parfois d’intérêt général. De plus, un public qui ne ressent pas une certaine compétence et neutralité (voire un apaisement) dans son interlocuteur, ou de la flexibilité dans ses opinions, sera moins prompt à accueillir ses propos.

Votre public a ses idées reçues et ses croyances, plus ou moins tranchées. Une des clés pour les appréhender au mieux est d’être très bien informé, ouvert et à l’écoute. Si l’on est soi-même retranché dans ses croyances, ses dogmes et certitudes, il est difficile de demander l’inverse à son public, ou d’être à l’écoute et de ne pas se laisser aller à un prosélytisme stérile. 


Et d’ailleurs, tous les pédagogues le savent, le prosélystisme ne marche pas, et plus vous prouvez à quelqu’un.e qu’elle.il a tort, et plus vous renforcez sa croyance !


A lire pour tou.te.s celles et ceux qui en on assez ou qui doutent lorsqu’ils entendent le mot “quantique” hors du champ scientifique ! 


︎ Utiliser des outils d’auto-défense intellectuelle


Enfin, pour trier l’information et garder l’esprit éveillé, on pourra s’aider d’outils intellectuels élaborés notamment par les sceptiques du monde entier, rationnels, penseurs critiques et méthodiques ou autres “zététiciens” (= pédagogues de la pensée méthodique). Ces scientifiques proposent de nombreux outils d’auto-défense intellectuelle pour aiguiser ses raisonnements et “mieux penser”, comme le collectif Cortecs par exemple.
Sans perdre de notre engagement bienveillant vis-à-vis du vivant et de nos attentions vis-à-vis de notre environnement, il est utile d’aiguiser autant que possible notre méthode de connaissance et de rester intellectuellement agiles, comme l’est la science !

Nos animations, nos médiations et nos dîners n’en seront que plus agréables à réaliser et à vivre, pour nous et pour tout le monde !



︎ ALLER PLUS LOIN (pistes)


Ne jamais hésiter à poser des questions aux spécialistes du domaine qui vous intéresse, ils sont davantage disponibles pour échanger qu’on ne le croit !

Sur les recherches en ligne ou dans les écrits (pdf), multipliez les mots clés, variez-les, surtout à l’inverse de vos intuitions. Pour les sujets pointus, de simples moteurs de recherches ne suffisent pas. A compléter avec des rencontres, des vidéos, des livres et surtout des publications scientifiques :

Comment trouver des sources fiables ? Par Macroscopie

La fiabilité des études scientifiques (Le Vortex)


Développer et se former à l’esprit critique :
Développer son esprit critique
Former l’esprit critique des élèves
La fondation La main à la pâte 
Le  Collectif de recherche transdisciplinaire esprit critique & sciences (Cortecs)
Observatoire zététique
Cours d’auto-défense intellectuelle (par Richard Monvoisin, Université Grenoble Alpes)

Apprendre à apprendre, Leçon 6 sur [Lab]map : 
Se fier à son intuition ou développer l’esprit critique ?

Les biais cognitifs ou de raisonnement :
Associations Libres
Wikipedia
Un exemple : Effet de surconfiance
Un exemple : Le biais de confirmation (Comment avoir moins souvent tort ?par Nicolas Gauvrit)
[Vidéo] Tous biaisés !
[Vidéo] Introduction aux biais cognitifs et aux erreurs de logique

Les moisissures argumentatives :
Liste de 25 moisissures argumentatives (Cortecs)

A propos des vérités scientifiques (par Etienne Klein)

Exemples de matériel vidéo scientifique :
Espace des sciences (Rennes)
UniverscienceTV
Treize minutes
Les Ernest
Collège de France
Vidéo de science
Science étonnante
Les conférences de l’Afis

Exemples d’émissions de radio :
La méthode scientifique
Continent sciences
La conversation scientifique
La marche des sciences 

Exemples de sources fiables et scientifiques :
La partie universitaire de Google : Google scholar
PubMed (biologie et médecine)
Comment trouver des sources fiables ? Par Macroscopie
La fiabilité des études scientifiques (Le Vortex)
Les sites des ministères vers les études, méta-analyses et statistiques scientifiques qui les concernent.
Statistiques nationales
CNRS
Inrae
Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses)
Agence nationale des fréquences (Anfr)
Muséum national d’Histoire naturelle (Mnhn) 

Magazines papier 
Pour la science
La recherche

Associations pour la raison et l’information
Union rationaliste (UR)
Association française pour l’information scientifique (Afis)

Matériel pédagogique sceptique 
(esprit critique, zététique, infox, hoax…) :

[Livres] Lectures faciles, en priorité les numéros 1, 2, 3 et 22 de la collection Une chandelle dans les ténèbres
[Livre] Petit cours d’autodéfense intellectuelle
[Livre] Manuel d’autodéfense intellectuelle
[Livre] La démocratie des crédules
[Livre] Santé, science, doit-on tout gober ? 
[Bibliographie] Charlatans.info
[Bibliographie] Bibliothèque des sceptiques du Quebec

[Blog] Curiologie
[Blog] Menace théoriste

[Podcast] Méta de choc
[Podcast] Scepticisme scientifique
[Podcast] L’heure du doute par Nichoax
[Podcast] Skeptikon

[Vidéo] Débattons mieux, avec Science4all
[Vidéo] C’est quoi l’esprit critique (Raisonnance) ?
[Chaine] Le Vortex 

Vidéos d’aide à la défense intellectuelle :
[Vidéo]  Virginie Bagneux / La zététique : esprit critique, es-tu là ?
[Vidéo] Notre cerveau face aux fake news
[Docu] Les lois de l’attraction mentale 
[Vidéo] La zététique, par Henri Broch
[Chaine] Hygiène mentale
[Vidéo] Pourquoi sommes-nous crédules (par Gérald Bronner) ?
[Vidéo] L’appel de la nature ? 
[Vidéo] Négociation intellectuelle avec le monde (Tronche en biais / Gérald Bronner)
[Chaine] Savoirs en société

Tous les vulgarisateurs de la méthode scientifique sur la toile :
Sur Hygiène mentale ou sur ma chaîne

Exemple de sites sur les infox :
Stopintox
Décodex du Monde
Désintox de Libération
Tatoufaux

Répondre aux péjugés 

À lire (entre autres !) :


Textes de François Lasserre à utiliser, améliorer, partager...