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  infox ARAIGNÉES 1

(revue des principales idées reçues)


︎ Est-il si difficile de considérer les araignées comme un espoir ? Peut-être, alors voici une occasion d’essayer ! Vous trouverez ici une revue de détails des idées reçues les plus courantes, en complément du post sur le fait que les araignées ne rentrent pas dans les maisons à la fin de l’été ou à l’automne.





Les araignées sont des insectes



Non à 100%. En deux mots, les insectes adultes ont tous 6 pattes, 2 antennes et souvent des ailes. Les arachnides, eux, ont 8 pattes, pas d’antennes, pas d’ailes, etc.   

Les araignées piquent (ou mordent)


Non à 99,99%. Les araignées ne sucent pas notre sang et ne nous mangent pas. Alors pourquoi viendraient-elles nous mordre pour rien la nuit ? Car c’est presque uniquement lorsqu’on se réveille avec un bouton plus gros que d’habitude qu’une araignée est accusée. Et comme par hasard, on ne la voit jamais faire. Comme le bouton est gros et “anormal”, on s’imagine que c’est une grosse bête qui en est à l’origine. Et on a toujours tendance à chercher toujours un coupable (une explication) ! Nos parents, nos amis, les pharmaciens et certains médecins entretiennent cette idée reçue, en faisant croire qu’ils sont capables d’identifier un bouton. Combien de fois entend-on dans une pharmacie « oui c’est une piqûre d’araignée » ? Sans aucune preuve ! Mais avez-vous déjà vu un catalogue de boutons dans une pharmacie ? Impossible, nous avons tous des réactions différentes lorsqu’une bête nous pique. Et savez-vous que les pharmaciens et les médecins n’étudient pas les araignées ? Vos parents et ami.e.s non plus !
Mais alors qui nous fait des gros boutons ? En pensée critique on suggère de choisir la solution “la moins coûteuse” intellectuellement. Ainsi, neuf fois sur dix, c’est un moustique pour lequel nous avons plus réagit que d’habitude, qui s’est acharné ou qui était un peu infecté. Ou bien un autre insecte suceur de sang, ils sont nombreux : puces, punaise de lit, mouches (charbonneuse, taon…) ou un moucheron (cératopogonidé, simulie, phlébotome…), ou pourquoi pas le scléroderme, sorte de micro-guêpe parasite qui vit dans nos bûches avant de s’envoler et de nous piquer (très rarement !) ? 



Cela dit, toutes les araignées du monde ont des crochets et du venin leur permettant de neutraliser et de pré-digérer leurs proies. Certaines rares espèces peuvent percer notre peau pour se défendre si elles sont saisies et serrées maladroitement, voire coincées dans un pantalon (si elles ont le temps avant d’être écrasées !). Cette situation est si rare qu’en 2015, par exemple, une publication scientifique a vu le jour suite à un cas avéré dans le sud de la France. La personne ayant fait une réaction allergique, et l’araignée ayant été formellement identifiée par la spécialiste du muséum. 

Ce qu’il faut retenir, c’est que notre esprit est assez mal fait pour appréhender les statistiques, et donc les anecdotes. Les scientifiques parlent de “biais de raisonnement” (voir Aller plus loin). On fait d’une anecdote rarissime une généralité. Il est pourtant facile de comprendre que le fait d’entendre aussi souvent « je me suis fait piquer par une araignée » à la maison, entre amis ou à la pharmacie, soit des millions de piqûres chaque année, est totalement incompatible avec le fait que les morsures réelles soit infiniment rares et plus souvent sans réactions de notre peau.     



Les mygales et d’autres araignées sont dangereuses


Non à 99,99%. Aucune araignée dans le monde n’est réellement dangereuse, y compris les grandes mygales. D’ailleurs les mygales sont nombreuses et variées. Il en existe plus de 2 500 espèces dans le monde, allant de moins d’un millimètre à 11 cm sans les pattes. En France, plus de 20 espèces de mygales vivent discrètement, dont 3 en Île-de-France. Ce sont des araignées cachées dans des terriers, invisibles pour qui ne sait repérer leurs indices de présence. Il vous est certainement arrivé de faire une sieste sur l’un d’entre eux. Seuls les éleveurs amateurs de grosses espèces exotiques peuvent se faire mordre à force de les tripoter. Et en général il ne se passe rien, car les araignées injectent rarement leur venin, qui leur sert surtout à immobiliser et pré-digérer leurs proies, et rares sont les personnes allergiques. Dans la nature, il existe quelques espèces plus promptes à mordre lorsque l’on s’approche trop de leur toile. C’est le cas de l’Atrax robustus en Australie. Certains personnes ont eu des réactions allergiques et voilà comment une réputation exécrable est née. 

En dehors des mygales, on parle souvent de la veuve noire ou de la récluse marron américaine. Si ces petites araignées sont parfois promptes à mordre si l’on s’approche vraiment tout près d’elles, leur morsure n’est pas si terrible. Mais puisque quelques personnes ont mal réagi, un jour, alors leur réputation est devenue exécrable également. Mais elles sont très loin d’être les tueuses que l’on croit !  



Les araignée rentrent dans les maisons à l’automne


Non à 99,99 %. Voir post ici

Les araignées pondent sous la peau


Non à 100%. Comme beaucoup de personnes, on m’a raconté cette légende urbaine. En voici une version : une amie (d’ami, d’ami, d’ami…) est revenue d’Afrique avec un gros bouton dans le cou, et lorsque le coiffeur a gratté avec son peigne, des bébés araignées en sont sorti. Brrr, c’est pire qu’un film d’épouvante, mais c’est archi faux. Les araignées ne sont pas endoparasites de mammifères, c’est-à-dire qu’elles ne vivent pas sous la peau des mammifères. Les jeunes araignées ne sont pas faites pour se mouvoir dans nos tissus. Lorsqu’ils naissent, les jeunes sont comme leurs parents, c’est-à-dire équipés pour marcher et capturer des proies vivantes, avec une toile, en courant ou en sautant. Seul un arachnide peut vivre sous notre peau, mais ce n’est pas une araignée. C’est la larve d’un acarien. Les démangeaisons et le prurit qu’il provoque sont appelés la gale. Cette « maladie » est devenue rare. 

On avale des araignées la nuit en dormant 


Non à 100%. Inutile d’aller plus loin. 

Les araignées portent bonheur


Oui à 100% ! Cela eu égard à leur propension à manger les bestioles qui traînent dans la maison (cloportes, blattes, moustiques, autres araignées…) et à ne pas nous ennuyer.
Dans beaucoup de cultures, les araignées sont bienfaitrices. Alors araignée du soir, espoir ? Oui, sans aucun doute. Les accepter c’est devenir bienveillant avec le vivant et c’est affronter sa peur de l’inconnu et du sauvage. Dormons tranquille et tentons d’oublier les araignées, elles méritent bien que les humains leur lâchent un peu la toile !





ALLER PLUS LOIN


A-t-on de façon innée peur des araignées ?
à propos des insectes (et non des araignées) qui peuvent nous piquer la nuit    
A propos du scléroderme   
à propos d’une espèce commune de mygale française  
à propos de notre dissonance cognitive  
S’informer et approfondir ses connaissances Association française d'arachnologie
Les araignées
Les araignées de Belgique et de France 
Au secours une bestiole ! Manuel antistress face aux bêtes qui nous embêtent

Faire des sorties nature sur les araignées 
http://www.aev-iledefrance.fr/loisirs-nature/nos-animations-nature/rechercher-une-animation  
http://www.essonne.fr/cadre-de-vie/patrimoine-naturel/a-la-decouverte-de-la-nature-essonnienne/les-rendez-vous-nature/#.V9evSfmLSM8  
http://www.graine-idf.org/
http://www.asfra.fr/    

Comment se débarrasser gentiment d’une araignée des maisons 

A propos de la gale


Ci-dessous quelques exemples d’insectes susceptibles de nous piquer : moustique, punaise anthocore (piqûre très rare), taon…







Photos : François Lasserre et entomart.be  


Textes François Lasserre à utiliser, améliorer, partager... WIP !